Made in Japan de Viviane Moore

Catégorie Littérature Jeunesse -Nouvelles-

Parution le 29 octobre 2008

À partir de 12 ans

couv_made_in_japan1Un petit voyage au pays du Soleil-Levant vous tente ? Avant de réserver votre place à bord d’un vol Paris-Tokyo, prenez un bon fauteuil et un exemplaire de Made in Japan. Vingt-deux nouvelles plus tard, vous pourrez sillonner les rues du quartier de Yoshiwara et longer les berges de la Sumida avec aplomb, car Viviane Moore et ses textes vous auront finement initié.

Le projet est en forme d’abécédaire. De A comme… à Z comme…, chaque nouvelle se développe autour d’un terme précis. Le mot dont il est question se dévoile en toute fin d’histoire (Amaterasu Ômikami pour A, Zazen pour Z, par exemple) accompagné d’un petit texte explicatif très instructif.

Le projet est intelligent. L’atout de Made in Japan est sa diversité : du fantastique à l’historique, en passant par le thriller ou le drame, Viviane Moore visite tous les registres.

Les protagonistes sont en majorité japonais, mais c’est Alex, un jeune français de seize ans, qui ouvre et ferme ce recueil avec humour (grâce notamment à l’accumulation de « gaffes » qu’il commet au sein d’une famille tokyoïte contemporaine : se moucher en public, ne pas se déchausser en entrant dans une maison, attendre qu’un japonais ouvre son cadeau, planter ses baguettes dans son bol de riz, trinquer avec son verre de saké, etc.).

Certains mots connus, comme geisha, ninja, samurai et manga, prendront du sens et s’éloigneront des idées reçues. Le contexte est décrit avec précision et favorise une approche sensible des personnages évoqués. D’Aki, enfant de salaryman confronté à l’addiction au pachinko, à l’adolescent amoureux d’une fille de burakumin, l’éventail est large et pour tout dire inattendu. On est surpris d’apprendre qu’il existe une « race » de parias à Tokyo depuis des temps ancestraux, ou qu’un mot comme yakuza est né d’un jeu de cartes.

Made in Japan se clôt par une liste de termes japonais rencontrés en cours de lecture : l’occasion pour nous de saluer nos interlocuteurs d’un ojigi (« salut d’une inclinaison du buste plus ou moins prononcée selon la qualité de celui qui vous fait face ») tout en enfilant un élégant hakama (« pantalon large »), sans avoir l’air d’un primitif gaijin (« étranger »).

Un charme de plus à ce livre : la reproduction d’idéogrammes en page-titre de ces vingt-deux nouvelles. Ainsi, nous saurons comment s’écrit papillon (蝶々) ou Edo, l’ancien nom de Tokyo (江戸).

viviane_moore1Agréable, accessible, surprenant et instructif, Made in Japan est donc une franche réussite. On en vient presque à chercher un endroit chez soi où installer un ikebana (arrangement floral), et derrière lui, une estampe d’Hokusai.

Made in Japan de Viviane Moore

Aux éditions Rageot



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