C’est moi le plus fort de Mario Ramos

Catégorie Incontournable Littérature Jeunesse
-Album-
À partir de 4 ans


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Quand on a quatre ou cinq ans, il y a un objectif terrible que l’on voudrait atteindre : être LE PLUS FORT.

Ça tombe bien : le loup de cet album de Mario Ramos est dans le même état d’esprit. Mieux, il est convaincu, oui, il est persuadé d’être le plus fort.

Pour confirmation – et parce qu’il n’a plus faim – il pose la question à tous ceux qu’il croise.

Un joli petit lapin de garenne le conforte dans ses certitudes :
« « Le plus fort, c’est vous Maître Loup. Incontestablement et sans aucun doute, c’est absolument certain », répond le lapin. »

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Le Petit Chaperon Rouge et, plus tard, les Trois Petits Cochons sont bien d’accord :
« « Le plus fort, le plus costaud, le plus beau, c’est assurément vous, Grand Méchant Loup ! » répondent ensemble les trois petits. »

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Même réponse avec les Sept Nains à qui le Loup pose la question en ces termes :
« Hého ! Les zinzins du boulot, savez-vous qui est le plus fort ? ».

Très fier de lui, sûr d’être invincible, le Loup croise un dernier personnage, minuscule, « une espèce de petit crapaud » :

« « Salut, horrible chose. Je suppose que tu sais qui est le plus fort ? » dit le loup. »

Coup de théâtre ! La réponse de l’espèce de « petit crapaud » n’est pas celle attendue… Et le loup va brutalement se mettre dans une ÉNORME colère…

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...avant de revenir à un peu plus d’humilité, car la chute est sans appel !

C’est moi le plus fort de Mario Ramos est bien un incontournable de la littérature jeunesse : des illustrations efficaces présentent un loup vantard et sûr de lui, agressif, impressionnant. Le contraste avec la petitesse et la délicatesse des personnages rencontrés est encore plus plaisant.

Le texte offre un bel échantillon de vocabulaire et d’expressions qui ne sont pas souvent utilisés dans les albums pour enfants :
« assurément », « incontestablement », « je me sens bien dans ma peau », « je ne m’en lasse pas »…etc.

L’humour est omniprésent (par exemple, face au Petit Chaperon Rouge : « Sais-tu que cette couleur te va à ravir ? Tu es mignonne à croquer… »). En outre, le ridicule du personnage principal se fait de plus en plus évident à mesure que la progression du loup avance.

La forêt de ce loup est remplie de personnages de conte de fée que l’on sera curieux, et heureux, de rencontrer au fil des pages. De quoi se remémorer d’autres histoires, connues de tous, celles que l’on peut raconter mille fois !

Et la morale dit bien que, tout comme il y a toujours un plus petit que soi, il y a aussi toujours un plus fort que soi ! C’est autrement qu’il faut progresser, car la quête du plus puissant est bien vaine… L’occasion de montrer à un petit lecteur qu’il y a autre chose que les rapports de force dans la vie.

Cet album est paru pour la première fois en 2005, et il est toujours disponible (en petit format et à petit prix chez Lutin Poche) : hourra !

Envie d’un bonus ? Les petits secrets de ce livre vous sont révélés sur le site de l’auteur… Mais chut ! Ne dites pas que c’est moi qui vous l’ai dit !

C’est moi le plus fort

de Mario Ramos

À l’École des Loisirs

et dans la collection Lutin Poche


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3 responses to “C’est moi le plus fort de Mario Ramos

  • Renaud

    « C’est moi le plus fort ! »
    Nan, le loup, c’est pas toi. C’est pagesapages !
    J’ai vu aussi « C’est moi le plus beau ». Très rigolo ! Et bravo pour cette chronique. « C’est autrement qu’il faut progresser, car la quête du plus puissant est bien vaine… » C’est bien vu. 🙂

  • Olivier SC

    Ben je ne suis pas bien fort car le bouton Blogonet ne veut rien savoir … Il est récent cet article ? Je cris « au Loup » !

    Ah, un Blogonet récalcitrant ? Puisque c’est ça, au lit, et sans histoire. AHououou ! 🙂

  • Sammy

    Oui, mais c’est quoi la chute ? Je vais être obligé de l’emprunter pour savoir comment ça fini !!!

    Sinon, je suis bien d’accord avec l’auteur : on ne parle jamais des conditions de travail terribles des 7 nains. Et depuis que Blanche Neige s’est carapatée avec son prince, ils n’ont plus personne pour leur faire à manger, les pauvres.

    Sinon, je me disais, c’est un peu une sorte d’initiation à la philosophie cet album, l’air de rien (si, si, t’as pas lu le Contrat social ? En gros le monsieur, pas le peintre, l’autre, il explique qu’une domination basée sur la force ne saurait durer, puisque l’on trouve toujours plus fort que soi) Voilà pourquoi je vais proposer au ministre de l’Education nationale et désargentée que l’on remplace les gros livres de cours arides et pas drôles par de jolis albums comme celui-ci.

    Et tout ça grâce à toi 😉

    Je crois que ça va dorer mon karma. Pas « redorer », hein, il était déjà clinquant avant 🙂 Eh oui, toute la philosophie du truc, c’est de pouvoir dire délicatement à son petit bonhomme que ça ne sert à rien de rouler les mécaniques, en espérant qu’il s’en souvienne pour la récréation suivante !

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