Archives mensuelles : août 2009

Où va le vent ? de Benoit Delalandre et Delphine Perret

Catégorie Littérature jeunesse
Questions/Réponses
Parution en juin 2009
À partir de 4 ans

 

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« Pourquoi les moustiques me piquent toujours ? »…
« Pourquoi le chien tourne-t-il toujours avant de s’assoir ? »…
« Pourquoi le bébé me serre si fort le doigt ? »…
« Pourquoi le hérisson se fait écraser sur la route ? »…

La ronde incessante des « Pourquoi ? » vous fatigue ? Vous ne savez plus que répondre, à part « c’est comme ça » ou « c’est très compliqué » ou encore « je t’expliquerai plus tard, mange d’abord tes haricots verts » ?

Où va le vent ? peut vous aider. C’est toute une flopée de questions, grandes et petites, qui trouve ici des réponses grâce à Benoit Delalandre pour le texte et Delphine Perret pour les illustrations.
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Et ces réponses sont adaptées au public concerné. Car il ne s’agit pas de vulgarisation mais bien d’une mise à hauteur d’enfant. Pas de termes complexes, de « strato-cumulus » ou d’ »appendice quedal », pour expliquer des choses pourtant difficiles.
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C’est bien l’atout majeur de cet album que de proposer des réponses simples (mais justes), accessibles et surtout incitatrices. S’ouvrir l’esprit en regardant autour de soi et se poser des questions devient une porte grande ouverte vers des thèmes scientifiques (la digestion, les mammifères, la météo…) ou même philosophico-poétiques (« Où j’étais, maman, avant d’être dans ton ventre ? »)…

La curiosité n’est pas un vilain défaut, mais l’opportunité d’apprendre et de grandir. Car rien n’empêche d’utiliser Où va le vent ? comme un tremplin vers d’autres recherches et explorations.
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Les réponses de Benoit Delalandre sont courtes. Les illustrations de Delphine Perret sont drôles et apportent un sourire supplémentaire à chaque page.
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De plus, c’est une très bonne idée de proposer la réponse au dos de la question. Ou tourne la page pour la connaître, et l’on se retrouve devant la question suivante ! Impossible de ne pas tout lire quand on à commencé Où va le vent ?

 

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Où va le vent ? de Benoit Delalandre et Delphine PerretAux éditions Tourbillon

 

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Max et les Maximonstres de Maurice Sendak

Catégorie Incontournables Littérature jeunesse
-Album-
À partir de 4 ans

max_et_maximonstres_couvClassique de la Littérature enfantine écrit en 1963, publié par l’École des Loisirs en 1973 et sans cesse réédité depuis, Max et les Maximonstres n’a pas toujours été considéré comme propice à l’épanouissement de jeunes lecteurs. Lors de sa sortie, un libraire a même formulé ce conseil protecteur : ne laissez pas ce livre le soir à portée de main d’un enfant sensible…

C’est vrai que le jeune Max pourrait fort bien être vu comme un perturbateur, celui qui transgresse les règles et s’affranchit de toute culpabilité. Un futur hors-la-loi, en somme.

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Jugez plutôt : Max, costumé en loup blanc, plante des clous dans les murs et poursuit son chien avec une fourchette…
« « Monstre », lui dit sa mère. « Je vais te manger » répondit Max et il se retrouva au lit sans rien avoir mangé du tout. »

Au lieu de promettre d’être plus sage à l’avenir, Max s’évade dans une jungle miraculeusement sortie des murs de sa chambre. Il part rencontrer de terribles monstres, il les domine, devient leur roi. Mais l’envie lui prend « d’être aimé, d’être aimé terriblement ». Il rentre alors chez lui où il trouve son dîner qui l’attend, « tout chaud ».

La désobéissance récompensée ?… Si Max et les Maximonstres a fait l’objet d’un opéra, d’un projet de dessin animé par Disney, d’une  version ballet pour l’American Repertory Ballet, et d’un film (qui sortira en octobre 2009), c’est bien qu’il s’agit d’autre chose et que les enjeux profonds dans cet album touchent l’inconscient.

Tout d’abord, Max n’est pas qu’un enfant : c’est un enfant déguisé en loup. La part d’animalité est là, avec sa violence, son agressivité, son refus des règles. Mais ce loup est « blanc », une sorte de marque de pureté pour ce petit garçon. Il est un terrain vierge, en apprentissage du monde, qui doit apprendre à gérer ses pulsions et ses frustrations.

Face à la punition, il choisit la rêverie, l’imaginaire, et c’est dans ce monde inventé qu’il va régler ses comptes et finir par se dépasser. Créativité et création ne sont pas ici de simples divertissements, mais des moyens d’expression, des outils nécessaires, indispensables même, au voyage intérieur.

Max s’échappe vers une terre lointaine, navigue sur un océan qui gronde (symbole de sa colère d’avoir été puni) et arrive au pays des Maximonstres, des animaux « terribles » non identifiables, faits de crocs, de pattes griffues et de cornes, la bestialité à l’état brut. Il les dompte, les dirige, les utilise pour faire une « fête épouvantable » où il pourra laisser s’exprimer toute sa frustration, se laisser submerger par elle.

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Les illustrations, à ce moment de l’histoire, occupent toute la surface de la page. Fantasmagoriques, elles démontrent il n’y a plus besoin de mots dans cet épanchement extrême.
Une fois purgé, vidé de sa révolte, Max peut se « reprendre » et quitter la rage qui s’est emparée de lui. Il met alors un terme à la fête, contrôle l’incontrôlable et redevient détenteur du « bien », rétablissant l’ordre, édictant les règles que les Maximonstres devront dorénavant respecter.

Il peut maintenant rentrer chez lui en petit garçon calmé, débarrassé de sa frustration destructrice. Il commence même à ôter son costume de loup blanc, preuve qu’il n’a plus besoin d’être « sauvage » et qu’il peut reprendre sa place dans la société, retrouver la rassurante odeur de nourriture et la chaleur d’être aimé.

Max et les Maximonstres est un petit bijou, tant pour le texte et son économie, que pour les illustrations, drôles, inventives, à la symbolique forte, en particulier celle du voyage sur l’océan : Max y navigue en « terre inconnue », mais manie le gouvernail avec confiance. Il est décideur de son chemin comme le montre ce bateau qui porte son nom…

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Une merveille, donc, à déguster à tout âge et à examiner à chaque fois avec une curiosité renouvelée !
À ce propos, le monstre sur la couverture est-il endormi, attristé, fatigué ou se sent-il abandonné ? Chacun choisira une réponse qui lui ressemble…

Max et les Maximonstres de Maurice Sendak