Max et les Maximonstres de Maurice Sendak

Catégorie Incontournables Littérature jeunesse
-Album-
À partir de 4 ans

max_et_maximonstres_couvClassique de la Littérature enfantine écrit en 1963, publié par l’École des Loisirs en 1973 et sans cesse réédité depuis, Max et les Maximonstres n’a pas toujours été considéré comme propice à l’épanouissement de jeunes lecteurs. Lors de sa sortie, un libraire a même formulé ce conseil protecteur : ne laissez pas ce livre le soir à portée de main d’un enfant sensible…

C’est vrai que le jeune Max pourrait fort bien être vu comme un perturbateur, celui qui transgresse les règles et s’affranchit de toute culpabilité. Un futur hors-la-loi, en somme.

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Jugez plutôt : Max, costumé en loup blanc, plante des clous dans les murs et poursuit son chien avec une fourchette…
« « Monstre », lui dit sa mère. « Je vais te manger » répondit Max et il se retrouva au lit sans rien avoir mangé du tout. »

Au lieu de promettre d’être plus sage à l’avenir, Max s’évade dans une jungle miraculeusement sortie des murs de sa chambre. Il part rencontrer de terribles monstres, il les domine, devient leur roi. Mais l’envie lui prend « d’être aimé, d’être aimé terriblement ». Il rentre alors chez lui où il trouve son dîner qui l’attend, « tout chaud ».

La désobéissance récompensée ?… Si Max et les Maximonstres a fait l’objet d’un opéra, d’un projet de dessin animé par Disney, d’une  version ballet pour l’American Repertory Ballet, et d’un film (qui sortira en octobre 2009), c’est bien qu’il s’agit d’autre chose et que les enjeux profonds dans cet album touchent l’inconscient.

Tout d’abord, Max n’est pas qu’un enfant : c’est un enfant déguisé en loup. La part d’animalité est là, avec sa violence, son agressivité, son refus des règles. Mais ce loup est « blanc », une sorte de marque de pureté pour ce petit garçon. Il est un terrain vierge, en apprentissage du monde, qui doit apprendre à gérer ses pulsions et ses frustrations.

Face à la punition, il choisit la rêverie, l’imaginaire, et c’est dans ce monde inventé qu’il va régler ses comptes et finir par se dépasser. Créativité et création ne sont pas ici de simples divertissements, mais des moyens d’expression, des outils nécessaires, indispensables même, au voyage intérieur.

Max s’échappe vers une terre lointaine, navigue sur un océan qui gronde (symbole de sa colère d’avoir été puni) et arrive au pays des Maximonstres, des animaux « terribles » non identifiables, faits de crocs, de pattes griffues et de cornes, la bestialité à l’état brut. Il les dompte, les dirige, les utilise pour faire une « fête épouvantable » où il pourra laisser s’exprimer toute sa frustration, se laisser submerger par elle.

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Les illustrations, à ce moment de l’histoire, occupent toute la surface de la page. Fantasmagoriques, elles démontrent il n’y a plus besoin de mots dans cet épanchement extrême.
Une fois purgé, vidé de sa révolte, Max peut se « reprendre » et quitter la rage qui s’est emparée de lui. Il met alors un terme à la fête, contrôle l’incontrôlable et redevient détenteur du « bien », rétablissant l’ordre, édictant les règles que les Maximonstres devront dorénavant respecter.

Il peut maintenant rentrer chez lui en petit garçon calmé, débarrassé de sa frustration destructrice. Il commence même à ôter son costume de loup blanc, preuve qu’il n’a plus besoin d’être « sauvage » et qu’il peut reprendre sa place dans la société, retrouver la rassurante odeur de nourriture et la chaleur d’être aimé.

Max et les Maximonstres est un petit bijou, tant pour le texte et son économie, que pour les illustrations, drôles, inventives, à la symbolique forte, en particulier celle du voyage sur l’océan : Max y navigue en « terre inconnue », mais manie le gouvernail avec confiance. Il est décideur de son chemin comme le montre ce bateau qui porte son nom…

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Une merveille, donc, à déguster à tout âge et à examiner à chaque fois avec une curiosité renouvelée !
À ce propos, le monstre sur la couverture est-il endormi, attristé, fatigué ou se sent-il abandonné ? Chacun choisira une réponse qui lui ressemble…

Max et les Maximonstres de Maurice Sendak



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