De la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête de Werner Holzwarth et Wolf Erlbruch

À partir de 2 ans

« Comme tous les soirs la petite taupe sortit de terre son museau pointu, juste pour voir si le soleil avait disparu. Et voici ce qui arriva.
(C’était rond et marron, aussi long qu’une saucisse, et le plus horrible fut que ça lui tomba exactement sur la tête, sploutsch !)

-Mais c’est dégoûtant ! rouspéta la petite taupe. Qui a osé faire sur ma tête ?
(évidemment, personne ne répondit.) »

Voilà la petite taupe bien décidée à retrouver le coupable. Elle s’adresse à tous les animaux qu’elle croise, leur demandant « Est-ce toi qui m’as fait sur la tête ? » avec ténacité.
En les passant en revue, l’un après l’autre, elle constatera qu’il est possible d’identifier le fautif, car la chèvre et la vache, par exemple, ne font pas la même chose… lorsqu’elles font…




Et oui, tour de force : les mots « caca » ou « crottes » n’apparaissent pas dans cet album, alors qu’ils en sont le thème principal !

De la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête n’est pas seulement un album drôle, original et particulièrement savoureux. Il a aussi l’avantage d’être utile à l’âge où l’on apprend la propreté, au moment où un nouveau rapport au corps s’installe. Vers l’âge de deux ans, il peut paraître déstabilisant d’éjecter un morceau de soi, d’en faire le deuil, et ce passage charnière n’est pas toujours simple à gérer.
En parler, nommer les choses, s’en amuser, c’est dédramatiser l’enjeu, et cet album est une excellente façon d’y parvenir.



La construction efficace des pages est rassurante : à gauche, la taupe et sa question reviennent comme un refrain, avec la tête ébahie de l’animal interpelé.
À droite, on voit son postérieur et sa « production ». La réponse à la question posée est toujours renouvelée !

On peut s’en donner à cœur-joie, sans hésiter à donner à sa voix des inflexions différentes pour toutes ces crottes qui tombent (« pouf pouf » pour le cheval,
« ratatatata » pour le lièvre,
« clang-di-clang-di-clang » pour la chèvre…)…



Le dessin et sa coloration simple (marron, ocre et orange déclinés) est très jouissif : la petite taupe un peu têtue qui se hisse sur ses petits pieds, le cheval massif qui porte de fines lunettes, le cochon gras au groin comme une prise électrique…

De la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête apporte la surprise et l’attrait de pouvoir parler et de rire d’un sujet un peu « tabou ».
Au fond, la grande leçon à retenir, c’est qu’on fait tous caca ! (ce qui est quand même très réconfortant)

Et comme l’histoire finit bien, la petite taupe, radieuse, pourra retourner sous la terre « là où, assurément, personne au monde ne pouvait lui faire sur la tête »

(en même temps, on a bien envie qu’elle ressorte et que quelque chose lui arrive encore sur la tête, non ?…)



De la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête de Werner Holzwarth et Wolf Erlbruch

Aux éditions Milan Jeunesse
Parution en 2004
Adapté de l’allemand par Rozenn Destouches et Gérard Moncomble
Catégorie Incontournables jeunesse -Album-

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