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1001 moutons de Kerso

Certains comptent les moutons pour s’endormir : pour que cela fonctionne, il faut que les moutons soient tous similaires, photocopies d’eux-mêmes, et qu’ils sautent tous du même bond au-dessus de la même barrière simpliste et rudimentaire.


Il semble que Kerso déteste nous endormir. Elle a horreur des moutons clonés. Elle abomine les barrières dupliquées.
Et elle le prouve, Ô combien, avec ses 1001 moutons !


Cet album sans texte, de format compact (15×15), propose 200 pages de moutons.
Attention, aucun mouton basique ici, mais des moutons à travers les âges et les lieux…

Du mouton de Lascaux au mouton prestidigitateur, en passant par le mouton pâtre, le mouton prince, le mouton tzigane, le mouton sirène, le mouton touriste, le mouton mannequin, le mouton cosmonaute, le mouton amoureux…. et j’arrête cette liste qui pourrait ne jamais finir, car 1001 ?! le nombre de ruminants bêlant est plutôt conséquent !


Un compteur placé en haut et à gauche de chaque page nous rappelle exactement à quel décompte nous en sommes.
Il aiguise aussi la curiosité, car il n’est pas rare qu’un mouton échappe à notre vigilance, et il faut s’arrêter pour trouver celui qui manque (travesti en papillon, par exemple), à la manière d’un Où est Charlie ? à bouclettes.



Les dessins, réalisés par Kerso d’un trait de rotring rehaussé de jaune, sont on ne peut plus imaginatifs : drôles, poétiques, historiques…certains mêmes dignes de comédies musicales hollywoodiennes !

Des exemples de ces double-pages sont visibles sur le site des éditions du Ricochet (bien plus nets et plus parlant que les détails présentés ici).

Le travail soigné de cet imagier est un régal. Kerso nous avait déjà charmé avec les superbes illustrations de Zoofolies. Le charme opère encore ici dans un autre style… la marque du talent !


1001 moutons est accessible dès 5 ans.
… mais franchement, entre nous : est-on vraiment obligé d’être équipé d’un enfant pour avoir la chance d’en profiter ?…



1001 moutons de Kerso
Aux éditions du Ricochet
AlbumImagier
Dès 5 ans
Parution en mai 2010
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Camille Bouchon et son cochon de Myriam Picard et Jérôme Peyrat

« Dans la rue des Capucines,
entre la boulangerie et l’épicerie,
il y a la belle vitrine de Camille Bouchon,
« Maitre Artisan Boucher-Charcutier »,
« Meilleur Ouvrier de France ».
Chez lui, ça sent bon
la terrine aux champignons,
le boudin aux oignons,
le jambon, le saucisson.
Les saucisses sont par six…
Certaines font les andouilles
au beau milieu du gras double ! »


Le rêve de Camille Bouchon n’est pas chimérique : grâce à un cochon « bien dodu, bien rond », fabriquer du jambon et du saucisson délicieux, et gagner des médailles, « premier prix de la rillette, médaille d’or de l’andouillette ».

De la foire de Dijon, il rapporte un cochon. Son rêve va pouvoir se réaliser !
Il prendra soin de ce cochon, jusqu’à lui donner un nom, Joël.
Il s’en occupe tellement bien que… lorsqu’arrive l’heure d’aiguiser son couteau, le pauvre boucher-charcutier ne peut plus ôter la vie à un cochon devenu ami…


Dans Camille Bouchon et son cochon, il est question de cochonnailles, de victuailles, mortadelles et rondelles, rôti de porc au raisin, aux marrons, aux morilles, mais aussi et surtout d’amitié !


Joël aime tellement son maître qu’il est bien d’accord avec lui,
« car lui aussi a de l’ambition :
il se voit déjà bardé de diplômes,
et en photo sur les menus du jour parisiens.
-Finir dans l’assiette du Président de la République, ce serait fantastique ! »

Myriam Picard nous régale de rimes, et exploite une bonne bouchée d’expressions en rapport avec le cochon. Le texte est rythmé, chantant, léger et drôle à la fois.

Jérôme Peyrat ne manque pas d’humour non plus : acryliques brossés et  collages donnent de la saveur au comique des personnages, du petit menton réprobateur de Madame Bouchon aux magnifiques moustaches stylées de Camille lui-même.


La mise en page et le grand format de cet album laissent apprécier le teint rose de Joël et les frisotis sur son front. Camille Bouchon et son cochon se savoure, avec une petite salade et quelques tomates cerise… euh, non, je veux dire, se savoure avec les yeux et les oreilles.

On passe avec joie du cochon pendu aux tours de cochon, cochon qui s’en dédie !

« Cette tendre histoire au moins
ne finit pas
en eau de boudin ! »



Camille Bouchon et son cochon
de Myriam Picard et Jérôme Peyrat
À partir de 5 ans
Parution en février 2010


Le zoo de Mister Peek de Kevin Waldron

« Tous les matins, vers neuf heures, Mister Peek, le gardien du zoo, part faire sa tournée des animaux. Il met toujours sa veste préférée, celle qui lui donne l’impression d’être important.

Mais ce matin, elle est serrée, trop serrée, si serrée… qu’un des boutons, pop, finit par sauter ! La journée commence mal. Tant pis, Mister Peek se met en route… »

Good Lord ! Mister Peek n’aime pas quand les choses vont de travers. Il est bien pensif, et parle, tout en marchant. Il ne se doute pas que les remarques qu’il se fait à lui-même vont tomber dans les oreilles de ses pensionnaires, en prenant un tout autre sens…

« -Sans compter que tu te fais vieux, tu es tout ridé de partout ! s’exclame-t-il encore devant l’éléphant. »

Le pauvre pachyderme est saisi par cette constatation (qui ne le concernait pas…). Si saisi, qu’il s’en ride aussitôt de contrariété !

Oui, les animaux du zoo ne vont pas apprécier cette tournée… Heureusement que l’aller ne ressemblera pas au retour. La bonne humeur reviendra, et les peines causées en toute innocence par Mister Peek seront réparées par ses soins, sans qu’il s’en rende seulement compte…

Kevin Waldron, avec malice, joue du malentendu. C’est le comique du dialogue de sourds qui s’installe, entre le très anglais Mister Peek et les animaux du zoo, un comique accentué sans doute par l’air rigoureux qu’affiche le personnage principal.

Lui, le gardien, semble savoir ce qu’il fait, être très organisé, pointilleux peut-être, bref, capable de prendre les choses en main, de manière efficace. Aussi, est-ce d’autant plus risible de le voir semer la pagaille derrière lui, tout en gardant sa démarche martiale et décidée.

Kevin Waldron s’amuse d’effets de perspective :
son Mister Peek est parfois visible entièrement, d’autres fois seul son pied dépasse. Le décor, dans l’enclos des singes, s’approche d’ombres chinoises, tandis que des dégradés de verts prédominent chez la tortue. Nos œil se place au fond de la poubelle des pingouins puis, plus largement, nous observons le zoo dans son ensemble,comme on lirait le plan de parc d’attraction. La mise en page est inventive.

Ceci combiné aux mimiques des animaux contrariés, puis rassurés, c’est très joyeusement que se lira Le Zoo de Mister Peek.

Et ce gardien de zoo (ainsi que son petit garçon !) ont toutes les qualités pour devenir des héros récurrents. Il n’y a plus qu’à espérer qu’une autre journée de Mister Peek soit en préparation…


Le zoo de Mister Peek de Kevin Waldron
Aux éditions Didier Jeunesse
Traduction et adaptation de Laurence Kiefé
-Album-
À partir de 6 ans
Parution en janvier 2010

De la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête de Werner Holzwarth et Wolf Erlbruch

À partir de 2 ans

« Comme tous les soirs la petite taupe sortit de terre son museau pointu, juste pour voir si le soleil avait disparu. Et voici ce qui arriva.
(C’était rond et marron, aussi long qu’une saucisse, et le plus horrible fut que ça lui tomba exactement sur la tête, sploutsch !)

-Mais c’est dégoûtant ! rouspéta la petite taupe. Qui a osé faire sur ma tête ?
(évidemment, personne ne répondit.) »

Voilà la petite taupe bien décidée à retrouver le coupable. Elle s’adresse à tous les animaux qu’elle croise, leur demandant « Est-ce toi qui m’as fait sur la tête ? » avec ténacité.
En les passant en revue, l’un après l’autre, elle constatera qu’il est possible d’identifier le fautif, car la chèvre et la vache, par exemple, ne font pas la même chose… lorsqu’elles font…




Et oui, tour de force : les mots « caca » ou « crottes » n’apparaissent pas dans cet album, alors qu’ils en sont le thème principal !

De la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête n’est pas seulement un album drôle, original et particulièrement savoureux. Il a aussi l’avantage d’être utile à l’âge où l’on apprend la propreté, au moment où un nouveau rapport au corps s’installe. Vers l’âge de deux ans, il peut paraître déstabilisant d’éjecter un morceau de soi, d’en faire le deuil, et ce passage charnière n’est pas toujours simple à gérer.
En parler, nommer les choses, s’en amuser, c’est dédramatiser l’enjeu, et cet album est une excellente façon d’y parvenir.



La construction efficace des pages est rassurante : à gauche, la taupe et sa question reviennent comme un refrain, avec la tête ébahie de l’animal interpelé.
À droite, on voit son postérieur et sa « production ». La réponse à la question posée est toujours renouvelée !

On peut s’en donner à cœur-joie, sans hésiter à donner à sa voix des inflexions différentes pour toutes ces crottes qui tombent (« pouf pouf » pour le cheval,
« ratatatata » pour le lièvre,
« clang-di-clang-di-clang » pour la chèvre…)…



Le dessin et sa coloration simple (marron, ocre et orange déclinés) est très jouissif : la petite taupe un peu têtue qui se hisse sur ses petits pieds, le cheval massif qui porte de fines lunettes, le cochon gras au groin comme une prise électrique…

De la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête apporte la surprise et l’attrait de pouvoir parler et de rire d’un sujet un peu « tabou ».
Au fond, la grande leçon à retenir, c’est qu’on fait tous caca ! (ce qui est quand même très réconfortant)

Et comme l’histoire finit bien, la petite taupe, radieuse, pourra retourner sous la terre « là où, assurément, personne au monde ne pouvait lui faire sur la tête »

(en même temps, on a bien envie qu’elle ressorte et que quelque chose lui arrive encore sur la tête, non ?…)



De la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête de Werner Holzwarth et Wolf Erlbruch

Aux éditions Milan Jeunesse
Parution en 2004
Adapté de l’allemand par Rozenn Destouches et Gérard Moncomble
Catégorie Incontournables jeunesse -Album-

Totale angoisse de Brigitte Aubert

« Je n’aime pas la voix de Katerina.
Un alto sans chaleur.
Un oiseau en métal. Elle est beaucoup plus jeune que M. Andrei et elle passe son temps à l’embêter : « Prends tes médicaments, mets ton gilet, ferme la fenêtre, tu as encore fumé en cachette, tu sais bien ce qu’a dit le docteur, non pas de choucroute, j’ai fait des haricots verts, n’oublie pas de boire ta tisane … » Et pour finir le traditionnel : « Ce que tu as mauvais caractère ! » »

Un jeune garçon aveugle qui « assiste » à un assassinat, une fillette qui trouve un évadé sous son lit, la guerre qui désintègre une maison, une petite route vers le Mexique…

Brigitte Aubert promène ses lecteurs dans tous les sens du terme, avec ces dix nouvelles.
Les retournements de situations, les surprises, l’ahurissement sont au rendez-vous, tout comme l’angoisse parfois totale (d’où la justesse du titre !)

Brigitte Aubert n’est pas la première venue : traduite dans plus de dix-sept pays, elle est l’auteur d’une vingtaine de romans policiers à succès et écrit aussi à destination des jeunes avec une égale réussite.

Le recueil Totale Angoisse apporte son lot de suspens, sous-tendu par un humour bienvenu. On ne se prend pas au sérieux ici, on joue à se faire peur avec délices, jusqu’à se laisser aller à un délire salvateur devant la cruauté du monde.

Témoin cette histoire du Conte défait où des héros bien connus sont réinsérés dans une structure scolaire traditionnelle :

« Partout où je passe, on me balance des vannes. Faut dire…
ça vous plairait, à vous, de venir au bahut avec une culotte courte, un chapeau pointu et un long nez en bois ? « Oh ! Pinocchio, c’est vrai que t’es un pantin ? » Vous savez ce qu’il vous dit, le pantin ? Mais je ne réponds pas, je laisse glisser. Je prépare ma fuite.

Il n’y a que Oui-Oui qui est ravi de la nouvelle situation. Il se ramène à la maternelle dans sa bagnole jaune en faisant « pouêt pouêt », tout rigolard, Winnie sur le siège passager. Les autres gosses en sont fous. Et puis, quand ils se montrent un peu trop collants, limite agressifs, Winnie lève une patte et les envoie bouler vite fait. Il est gros et balèze, Winnie. »

Mais la noirceur ne manque pas dans ce savoureux mélange, et la nouvelle Dernier appel est là pour nous glacer le sang, avec une précision chirurgicale.
Oui, l’horreur existe aussi au quotidien, lorsque qu’un camion et un bus s’emboutissent…

Attention aux yeux : Totale angoisse fait s’accélérer le rythme cardiaque de ses lecteurs !

Voulez-vous être secoués dans tous les sens ? C’est possible, grâce à ce petit livre au format inhabituel (16cm sur 14cm), et cela même en restant sagement assis et immobile aux yeux du monde.

« La morale de l’histoire, c’est qu’il n’y a pas de morale tant qu’on ne sait pas pourquoi on aime se faire du mal. »

Totale angoisse de Brigitte Aubert
Aux éditions Thierry Magnier
À partir de 12 ans
-Recueil de nouvelles-
Parution en septembre 2009


Non-Non a très faim, et Non-Non n’a plus rien à se mettre de Magali Le Huche

Catégorie Littérature jeunesse -Album-
Parution en août 2009
À partir de 4 ans
(Illustrations : Copyright éditions Tourbillon)

La vie de Non-Non n’est pas très simple. Il se retrouve toujours devant des questions difficiles…
Par exemple, ce matin, il a très faim, mais ne sait pas de quoi…

Non-Non a très faim, de Magali Le Huche

Il faut dire que dans son frigo, entre les emballages vides et les cuisses de mouches périmées…

Qu'est-ce qu'il y a dans le frigo de Non-Non ?

Non-Non va battre le rappel de ses amis.
Après tout, ça sert aussi à ça, les copains.

Le lapin Bio se nourrit sainement (bof…).
Grouillette la grenouille vient d’ouvrir un restaurant pour fourmis (euh…).
Grocroc l’ours récupère ce qui a été jeté (ah ?…)…

Finalement, Non-Non trouvera son met favori : un met très… surprenant ! (que je ne dévoilerai pas ici…)

Non-Non n'a plus rien à se mettre, de Magali Le Huche

Non-Non est un petit personnage attrayant (sans doute un ornithorynque mais la communauté scientifique n’a rien confirmé…).

Ses aventures sont réjouissantes. De l’humour se cache à chaque page, y compris derrière les volets que l’on a hâte de soulever.

Non-Non

Ces deux albums de Magali Le Huche sont très soignés.
Entre Non-Non a très faim mais ne sait pas de quoi et Non-Non n’a plus rien à se mettre, on a du mal à choisir (comme Non-Non, d’ailleurs) !

Non-Non se cherche un nouveau look...
Les amis du petit animal, très typés, ajoutent à la qualité des histoires : un lapin adepte du naturel, un ours qui trie les déchets, une grenouille un peu excentrique… Décidément, Non-Non a d’excellentes fréquentations.

Les volets qui agrémentent les illustrations sont un régal (l’ouverture du frigo de Non-Noest particulièrement savoureuse!).

dans le frigo, il y a...
Deux albums à déguster. Oui, oui !

Non-Non a très faim, et Non-Non n’a plus rien à se mettre de Magali Le Huche
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Il ne faut pas habiller les animaux de Judi et Ron Barrett

Catégorie Incontournables Littérature Jeunesse -Album-
À partir de 3 ans
Il ne faut pas habiller les animaux



Pourquoi ? serait tenté de demandé un lecteur d’approximativement trois ans…

Et il aurait raison de poser la question. Heureusement, la réponse est dans cet album :
« Il ne faut pas habiller les animaux… parce que ce serait désastreux pour le porc-épic de porter des vêtements ».

L’illustration de Ron Barrett, également présentée sur la couverture, en témoigne : le tissu d’une fine chemise à pois n’est pas prévu pour résister aux épines !

Judi et Ron Barrett font la preuve en texte et en image que le mouton « aurait trop chaud », équipé d’un pullover, d’un bonnet et d’une écharpe.
Le kangourou « ne saurait qu’en faire ». Étant déjà naturellement équipé d’une poche, celle d’un par-dessus, même munie d’un rabat, lui apparaît comme superflue, évidemment.
Qu’est-ce qui fait qu’Il ne faut pas habiller les animaux est un excellent album ?

Beaucoup de choses en vérité.
D’abord en terme de vocabulaire : si un enfant de trois ans reconnaitra facilement la poule et le cochon, il visualisera aussi dans cet album à quoi peuvent bien ressembler un élan, un morse et un opossum, ainsi que leurs caractéristiques propres (bois majestueux, défenses impressionnantes et… tête en bas !).

La formulation est aussi intéressante. Chaque phrase, en réponse au titre, commence par un « parce que ». Cette structure qui revient comme un refrain donne à l’enfant le plaisir d’anticiper le « parce que » suivant, tout en lui laissant la surprise de la suite qui y est donnée.

Puis, dans la structuration : cet album met bien en évidence l’existence de deux catégories, l’ensemble des humains et celui des animaux. Trier est une activité précieuse pour stimuler l’intelligence chez l’enfant et organiser ses structures mentales. Au cours de sa scolarité, un enfant de maternelle sera amené à trier les couleurs, les objets, les formes, par des exercices renouvelés. L’avantage du « tri » proposé par Il ne faut pas habiller les animaux est d’être une sorte de classement  par l’absurde !
Même si le genre humain n’apparaît qu’à la toute dernière illustration, il est sous-entendu à chaque page, ce qui donne une approche plus fine qu’une démonstration basique. Les deux genres, humains et animaux, sont établis par contraste.
Ensuite dans le rapport texte/image : de nombreux livres proposent des messages redondants, le texte décrivant l’image, ou l’image racontant ce qui est lu. Ce double emploi n’est pas présent dans cet album. Il s’agit ici d’un jeu de pingpong, où l’illustration répond, ajoute et exagère la phrase.
Enfin, avec la présence de l’humour : et quel humour ! Chaque page est une invitation à un sourire différent. Pauvre élan, comme il doit souffrir, tout emmêlé dans ses bretelles ! La poule a un très gros problème, avec ce pantalon qui l’empêche de pondre, et la souris est presque indétectable sous cet immense chapeau à fleurs…
On pourrait penser que cet humour est “méchant”, car peu compassionnel envers les désagréments présentés. On pourrait croire que c’est le ridicule de ces animaux qui provoque le rire…
C’est plus fin que cela : ce qui est ridicule ici, c’est plutôt l’homme et ses propositions vestimentaires inadaptées. Car, finalement, ces animaux savent tout faire ! Ils ont des poches, savent nager, ont chaud naturellement…
Rien n’empêche d’ailleurs de continuer sur la lancée en imaginant d’autres animaux dans d’autres vêtements ! Une piste offerte pour l’imaginaire est l’atout bonus de cet album décidément excellent.
Depuis sa sortie en 1970, Il ne faut pas habiller les animaux a été réédité plusieurs fois, et il est toujours disponible en librairie. Il a sans nul doute fait rire une génération qui se retrouve maintenant du côté des parents. Il y a fort à parier que cet album passera de mains en mains.
Jusqu’à la génération suivante ?
Et pourquoi pas !

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Il ne faut pas habiller les animaux de Judi et Ron Barrett

À l’École des Loisirs

existe aussi en petit format et à petit prix chez lutin poche