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Vison sans visa de Brigitte Vaultier et Maud Riemann



« Un vison qui rêvait
De changer d’horizon,
De vivre vie plus zen,
Certes pas sans raison,
Envisageait ravi,
La tête emplie d’images,
De grisants paysages,
Un voyage en Asie. »

Ce Vison sans visa entreprenant n’a pas fini de nous faire caracoler derrière lui !
Dans un périple qui passera par la case prison, il devra s’infiltrer dans une soute à bagages, chevaucher un zébu, choper un coryza…



Atypique, cette histoire, autant que son format, une mise en page panoramique qui va se faire remarquer sur les étagères.

Album plus large que haut, Vison sans visa utilise l’espace ainsi créé avec vigueur et pertinence puisque la magie-comédie du voyage s’y étale “dans les grandes largeurs”, croisant le look BD et le poème en rimes. Oui, vraiment, Vison sans visa ne ressemble à aucun autre album.



Brigitte Vaultier était déjà à l’origine d’un objet superbe : Zoofolies (livre tout en hauteur celui-là, où ses poèmes et les illustrations se Kerso se mariaient magnifiquement).

Elle réitère ici, jouant des sonorités et des rebondissements avec un plaisir qui saute aux yeux.

« En pleine déraison,
Des idées à foison,
Se dit : ˝Foi de vison,
Je n’ai pas visité
Zambie ni Zimbabwé…
…Gibraltar, Zanzibar…
…La Corrèze et la Creuse…
…Trévise ou même Pise !˝ »


La suivant dans ses tours et détours sans hésiter une seconde, Maud Riemann enchaîne les inventions : bagages amoncelés, vison emprisonné, panda nonchalamment vautré…

Les angles de vue décalés se succèdent, rythmés par des cartes postales sur fond rouge ou l’étendue d’un paysage vaste…


Impossible de rendre la largeur des pages et leur palette dans cette chronique (qui ne montre que des détails) : vous pourrez vous faire une idée plus juste sur le site de l’éditeur, et ainsi mieux mesurer l’alliance parfaite entre traits, couleurs et postures des différents personnages.



Décidément, les éditions du Ricochet riment avec qualité, qu’on se le dise ! Encore une nouvelle parution originale, soignée, différente…

Mais jusqu’où iront-ils ?!…


Vison sans visa de Brigitte Vaultier et Maud Riemann
Aux éditions du Ricochet
À partir de 7 ans
Parution en février 2010
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Camille Bouchon et son cochon de Myriam Picard et Jérôme Peyrat

« Dans la rue des Capucines,
entre la boulangerie et l’épicerie,
il y a la belle vitrine de Camille Bouchon,
« Maitre Artisan Boucher-Charcutier »,
« Meilleur Ouvrier de France ».
Chez lui, ça sent bon
la terrine aux champignons,
le boudin aux oignons,
le jambon, le saucisson.
Les saucisses sont par six…
Certaines font les andouilles
au beau milieu du gras double ! »


Le rêve de Camille Bouchon n’est pas chimérique : grâce à un cochon « bien dodu, bien rond », fabriquer du jambon et du saucisson délicieux, et gagner des médailles, « premier prix de la rillette, médaille d’or de l’andouillette ».

De la foire de Dijon, il rapporte un cochon. Son rêve va pouvoir se réaliser !
Il prendra soin de ce cochon, jusqu’à lui donner un nom, Joël.
Il s’en occupe tellement bien que… lorsqu’arrive l’heure d’aiguiser son couteau, le pauvre boucher-charcutier ne peut plus ôter la vie à un cochon devenu ami…


Dans Camille Bouchon et son cochon, il est question de cochonnailles, de victuailles, mortadelles et rondelles, rôti de porc au raisin, aux marrons, aux morilles, mais aussi et surtout d’amitié !


Joël aime tellement son maître qu’il est bien d’accord avec lui,
« car lui aussi a de l’ambition :
il se voit déjà bardé de diplômes,
et en photo sur les menus du jour parisiens.
-Finir dans l’assiette du Président de la République, ce serait fantastique ! »

Myriam Picard nous régale de rimes, et exploite une bonne bouchée d’expressions en rapport avec le cochon. Le texte est rythmé, chantant, léger et drôle à la fois.

Jérôme Peyrat ne manque pas d’humour non plus : acryliques brossés et  collages donnent de la saveur au comique des personnages, du petit menton réprobateur de Madame Bouchon aux magnifiques moustaches stylées de Camille lui-même.


La mise en page et le grand format de cet album laissent apprécier le teint rose de Joël et les frisotis sur son front. Camille Bouchon et son cochon se savoure, avec une petite salade et quelques tomates cerise… euh, non, je veux dire, se savoure avec les yeux et les oreilles.

On passe avec joie du cochon pendu aux tours de cochon, cochon qui s’en dédie !

« Cette tendre histoire au moins
ne finit pas
en eau de boudin ! »



Camille Bouchon et son cochon
de Myriam Picard et Jérôme Peyrat
À partir de 5 ans
Parution en février 2010